Deuxième plus grande île de France après la Corse, l’île d’Oléron bénéficie d’une douceur de climat. Il arrive même que les mimosas fleurissent en février ! 19 000 insulaires y vivent à l’année, reliés depuis 1966 au continent par un pont de 3 km de long.
Dans le pertuis délimité par les deux jumelles Ré et Oléron, l’air marin de l’océan vient à la rencontre des estuaires de la Seudre et de la Charente. La combinaison de ces deux atmosphères crée une luminosité toute en douceur, où les tons irisés dominent. On peut comparer ce phénomène à celui de la célèbre baie d’Along, reconnue comme l’une des merveilles de la terre.
La pointe de Chassiron, avec son phare datant de 1836, apporte une touche sauvage à la douceur du reste de l’île. La mer vient y frapper durement ses falaises calcaires et le vent couche les arbres le long du rivage. On peut également prendre le temps de rêver devant le spectacle de la tour d’Antioche, dont les multiples épaves émergeantes rappellent que ce rocher est l’un des plus dangereux de France ; les naufrages y sont malheureusement fréquents encore de nos jours.
L’île d’Oléron est demeurée des origines à la Seconde Guerre mondiale un site stratégique très convoité, qui se trouve inclus tant dans le système de défense des côtes de Vauban, que dans le mur de l’Atlantique.
Situé à mi-chemin entre l’Ile-d’Aix et l’Ile-d’Oléron, Fort-Boyard a été conçu pour protéger la rade de l’Ile-d’Aix et l’Arsenal de Rochefort. Il vient renforcer le système de défense édifié le long du littoral et sur les îles de l’actuelle Charente-Maritime. Napoléon avait décidé que le fort serait élevé aux portes d’un des plus précieux arsenaux de l’Empire, sur le banc de sable de la "longe de Boyard". Fort Boyard devient, à la fin du second Empire, une prison militaire. Les soldats prussiens et autrichiens de la guerre de 1870 y sont détenus. Les prisonniers politiques de la Commune, en partance pour la Nouvelle Calédonie, leur succéderont.
La réforme s’implanta de bonne heure dans l’île d’Oléron, dès 1546. L’île d’Oléron fut, pendant toutes les guerres de religion qui ont dévasté la Saintonge, une importante position stratégique. Elle fut successivement prise et reprise par les catholiques et les protestants, et fut ruinée par les combats incessants. Les familles dont la foi était la plus solide quittèrent l’île, les autres se convertirent. Le nombre de protestants diminua très lentement, et il reste encore de nos jours une minorité de protestants.